Tendinite du poignet : combien de temps pour en guérir ?

Une tendinite du poignet met six à douze semaines à guérir quand elle est prise correctement, et beaucoup plus longtemps quand on continue le geste qui l’a provoquée. Le facteur qui décide de la durée n’est pas le traitement, c’est l’arrêt du mouvement en cause.

C’est une mauvaise nouvelle pour ceux qui espèrent une pommade miracle, et une bonne pour tous les autres : la guérison dépend surtout de décisions qu’on peut prendre soi même.

De quelle tendinite s’agit-il ?

Le poignet en abrite plusieurs, et elles ne se soignent pas tout à fait pareil.

La ténosynovite de De Quervain est la plus fréquente. Elle touche les tendons du pouce sur le bord externe du poignet. La douleur augmente quand on saisit un objet ou qu’on tourne le poignet, et elle est typique chez les jeunes parents qui portent un nourrisson des dizaines de fois par jour, d’où son surnom de poignet de la maman.

Un test simple oriente : fermer le poing en enfermant le pouce dedans, puis incliner le poignet vers le petit doigt. Une douleur vive sur le bord du pouce est très évocatrice.

La tendinite des extenseurs, sur le dos du poignet, concerne les utilisateurs intensifs de clavier et de souris.

Le syndrome du canal carpien n’est pas une tendinite mais se confond souvent avec elle. Il donne des fourmillements dans les trois premiers doigts, surtout la nuit, avec des réveils et le besoin de secouer la main. Cette distinction change tout, car la prise en charge est différente.

Que faire dans les premiers jours ?

Quatre gestes, par ordre d’importance réelle.

Identifier et suspendre le geste responsable. C’est le seul point non négociable. Un tendon enflammé qu’on continue de solliciter ne cicatrise pas.

Porter une orthèse qui immobilise le poignet, et le pouce en cas de De Quervain. Elle se porte surtout la nuit et lors des activités déclenchantes, pas vingt quatre heures sur vingt quatre : une immobilisation totale prolongée enraidit l’articulation.

Appliquer du froid quinze minutes, plusieurs fois par jour, à travers un linge. Utile la première semaine, quand l’inflammation est vive.

Prendre du paracétamol pour la douleur. Les anti inflammatoires par voie orale sont efficaces mais sur des durées courtes ; en gel local, ils sont bien tolérés et raisonnables.

Pourquoi ça revient ?

Parce qu’on reprend au même niveau qu’avant, dès que la douleur disparaît.

Or la disparition de la douleur précède la cicatrisation du tendon de plusieurs semaines. Reprendre à ce moment là, c’est reprendre sur un tendon encore fragile. C’est le mécanisme de la rechute, et il est presque systématique.

La reprise se fait donc progressivement, en augmentant la charge par paliers, avec une règle utilisable : une douleur qui apparaît pendant l’activité et disparaît en moins d’une heure après est acceptable ; une douleur qui persiste le lendemain matin signale qu’on est allé trop loin.

L’autre cause de récidive est ergonomique. Un poste de travail mal réglé reproduit indéfiniment la contrainte. S’y ajoute souvent une contraction musculaire permanente entretenue par la tension, un des signes physiques du stress.

Le réglage qui change tout devant un clavier

Trois points suffisent, et ils sont gratuits.

Le poignet doit rester dans l’axe de l’avant bras, ni cassé vers le haut ni vers le bas. C’est la position neutre, et c’est celle qui met le moins de tension sur les tendons.

Les coudes à quatre vingt dix degrés, épaules relâchées, avant bras soutenus par le bureau ou les accoudoirs. Un plan de travail trop haut fait remonter les épaules et casse le poignet.

La souris près du corps, pas à bout de bras. Le déport latéral est une cause majeure de tendinite des extenseurs. Une souris verticale, qui place la main comme pour serrer une poignée, soulage réellement certaines personnes.

Une pause de quelques secondes toutes les vingt à trente minutes, avec ouverture et fermeture lente de la main, vaut mieux qu’une longue pause en fin de journée.

Que valent les autres traitements ?

La kinésithérapie a un intérêt réel, surtout à partir de la phase de reprise. Le travail excentrique, qui consiste à contracter le muscle pendant qu’il s’allonge, a fait ses preuves sur les tendinopathies.

L’infiltration de corticoïdes est efficace sur le De Quervain, avec un soulagement souvent rapide. Elle ne se répète pas indéfiniment, car les corticoïdes fragilisent le tendon à long terme.

La chirurgie reste rare et concerne les formes résistantes après six mois de traitement bien conduit.

Les ondes de choc et les injections de plasma riche en plaquettes ont des données inégales selon la localisation. La mésothérapie appliquée aux tendinites figure parmi les approches complémentaires proposées, avec un niveau de preuve limité.

Quand faut-il consulter ?

Une douleur qui ne s’améliore pas après quinze jours de repos relatif.

Des fourmillements ou une perte de force, qui orientent vers une atteinte nerveuse plutôt que tendineuse.

Un poignet gonflé, rouge et chaud, avec ou sans fièvre, qui impose d’éliminer une infection ou une arthrite.

Une douleur survenue après une chute, car une fracture du scaphoïde peut passer inaperçue sur une première radiographie et se confondre avec une entorse.

Questions fréquentes

Faut-il immobiliser complètement ?
Non. Le repos relatif, qui supprime le geste douloureux tout en gardant la mobilité, donne de meilleurs résultats qu’une immobilisation stricte prolongée.

Chaud ou froid ?
Froid en phase aiguë, sur les premiers jours. Chaud ensuite, avant les exercices, pour assouplir.

Peut-on faire du sport ?
Oui, en changeant d’activité. La course, le vélo d’appartement et les exercices du bas du corps restent possibles. Tout ce qui sollicite la préhension est à suspendre.

Une tendinite peut-elle devenir chronique ?
Oui, au delà de trois mois, le tendon se dégrade sans réelle inflammation. On parle alors de tendinopathie, et le travail de renforcement progressif devient le traitement principal.

Le repère qui compte : la douleur part avant que le tendon soit guéri. Reprendre par paliers, et juger sur la douleur du lendemain matin plutôt que sur celle du moment.

Pour aller plus loin

Ressources officielles sur ce sujet.

  • Assurance Maladie (ameli.fr) — « Tendinite : symptômes et traitement »
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS) — inrs.fr, troubles musculosquelettiques
  • Haute Autorité de santé — has-sante.fr
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