Les légumes verts se répartissent en trois familles qui n’ont ni le même intérêt nutritionnel ni la même cuisson : les feuilles, les tiges et fleurs, et les gousses. Épinard et haricot vert n’ont presque rien en commun, sinon la couleur.
Cette distinction est utile en cuisine, parce qu’elle explique pourquoi les uns se cuisent en trois minutes et les autres en quinze, et pourquoi certains perdent leur couleur alors que d’autres la gardent.
Quels sont les principaux légumes verts ?
Les feuilles d’abord : épinard, blette, cresson, mâche, roquette, chou kale, laitue. Elles sont riches en folates, en vitamine K et en nitrates naturels, et cuisent très vite en réduisant beaucoup de volume.
Les tiges, bourgeons et fleurs ensuite : brocoli, chou de Bruxelles, asperge verte, céleri branche, poireau, artichaut. Elles apportent des fibres et, pour les choux, des composés soufrés étudiés pour leur intérêt en prévention.
Les gousses et graines enfin : haricot vert, petit pois, fève, edamame. Ce sont les plus riches en protéines végétales du groupe, et les petits pois sont d’ailleurs à mi chemin entre le légume et la légumineuse, comme les haricots secs.
À part, le concombre et la courgette, très riches en eau, apportent peu de nutriments mais beaucoup de volume, ce qui a son intérêt propre.
Comment garder leur couleur à la cuisson ?
La couleur verte vient de la chlorophylle, qui se dégrade sous l’effet de l’acidité et d’une cuisson prolongée. Trois principes suffisent à la préserver.
Beaucoup d’eau, très salée, en pleine ébullition. Une grande quantité d’eau encaisse le refroidissement provoqué par les légumes et permet de reprendre l’ébullition tout de suite. Le sel, environ dix grammes par litre, limite la fuite des minéraux.
À découvert. Les acides volatils libérés par les légumes verts s’échappent au lieu de retomber dedans. Un couvercle donne des haricots kaki.
Refroidissement immédiat. Plonger les légumes dans l’eau glacée dès la sortie stoppe net la cuisson et fixe la couleur. C’est le seul geste que la plupart des gens omettent, et c’est celui qui fait la différence visible.
Le bicarbonate, souvent conseillé, fixe effectivement la couleur mais détruit une partie des vitamines et ramollit les tissus. À éviter.
Cru, vapeur ou à l’eau : que perd-on ?
Cela dépend du nutriment, et il n’y a pas de mode de cuisson universellement supérieur.
La vitamine C et les folates sont sensibles à la chaleur et solubles dans l’eau : ils diminuent nettement à l’eau bouillante, beaucoup moins à la vapeur.
Les caroténoïdes, à l’inverse, deviennent plus disponibles après cuisson, et leur absorption augmente en présence d’un corps gras. Un filet d’huile d’olive sur des épinards cuits n’est pas seulement une question de goût.
Les fibres et minéraux résistent bien dans tous les cas.
La conclusion pratique est simple : varier les modes de cuisson couvre mieux les besoins que de chercher le meilleur. Et le meilleur légume reste celui qu’on mange effectivement, ce qui vaut aussi pour une tarte aux légumes ou une entrée préparée pour beaucoup de convives.
Comment les conserver plus longtemps ?
Les feuilles se conservent trois à quatre jours au réfrigérateur, dans un sac perforé avec un papier absorbant qui capte l’humidité. Ni lavées ni essorées à l’avance : l’eau accélère leur dégradation.
Les brocolis et haricots tiennent une semaine dans le bac à légumes. Les asperges se gardent debout dans un fond d’eau, comme un bouquet.
Le jaunissement signale la dégradation de la chlorophylle. Il vient de la lumière, de l’excès de chaleur ou simplement de l’âge, et c’est le même mécanisme qui explique pourquoi les concombres jaunissent. Un légume jauni n’est pas dangereux, il est simplement moins bon et appauvri.
La congélation fonctionne très bien, à condition de blanchir deux à trois minutes avant, ce qui inactive les enzymes responsables du brunissement.
Combien en manger ?
Les repères français recommandent au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, sans distinguer la couleur. Les légumes verts n’ont pas de quota propre.
Ce qui compte davantage que la quantité, c’est la variété. Chaque famille apporte des composés différents, et alterner feuilles, choux et gousses couvre un spectre bien plus large que de manger le même légume tous les jours, fût il excellent. C’est la même logique que pour les sources d’oméga-3 : la diversité fait plus que l’intensité.
Questions fréquentes
Les légumes surgelés valent-ils les frais ?
Oui, souvent davantage. Ils sont surgelés peu après la récolte, alors qu’un légume frais peut avoir voyagé plusieurs jours en perdant des vitamines.
Faut-il éplucher les courgettes et concombres ?
Non, la peau concentre fibres et nutriments. Un lavage soigneux suffit, sauf pour les produits non biologiques dont la peau est cireuse.
L’eau de cuisson peut-elle être réutilisée ?
Oui, elle contient les minéraux dissous et fait une base de soupe correcte, à condition d’ajuster le sel.
Les épinards sont-ils riches en fer ?
Moins que leur réputation, et sous une forme mal absorbée. Les légumineuses font mieux, surtout accompagnées de vitamine C.
Le repère à garder : beaucoup d’eau bouillante, peu de temps, un choc froid ensuite, et le plus de familles différentes possible dans la semaine.
Pour aller plus loin
Ressources officielles sur ce sujet.
- Manger Bouger, Programme national nutrition santé — mangerbouger.fr
- Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) — anses.fr