Maladie mains-pieds-bouche : comment la reconnaître et la soulager ?

La maladie mains-pieds-bouche est une infection virale bénigne, très contagieuse, qui touche surtout les enfants de moins de cinq ans. Elle associe de petites vésicules sur les mains et les pieds à des aphtes dans la bouche, avec une fièvre modérée. Elle guérit seule en sept à dix jours.

Le vrai enjeu n’est pas la maladie mais la douleur buccale, qui empêche l’enfant de boire. C’est cette difficulté à s’hydrater, et non le virus, qui conduit aux rares consultations en urgence.

Comment la reconnaître ?

La succession des signes est assez régulière pour être reconnaissable.

Tout commence par une fièvre modérée, autour de 38 à 38,5 degrés, avec une baisse d’appétit et parfois un mal de gorge. Rien de spécifique à ce stade.

Un à deux jours plus tard apparaissent les aphtes dans la bouche, sur la langue, les gencives et l’intérieur des joues. Ce sont eux qui font mal et qui expliquent le refus de manger.

Viennent ensuite les vésicules : de petites cloques ovales, grises ou blanchâtres entourées d’un halo rouge, sur la paume des mains, la plante des pieds, parfois les fesses et autour de la bouche. Elles ne démangent en général pas, ce qui les distingue de la varicelle.

La localisation, mains et pieds simultanément, est le meilleur repère : peu d’autres éruptions de l’enfant touchent ces deux zones ensemble.

Que faire à la maison ?

Tout tourne autour de la douleur et de l’hydratation.

Faire boire par petites quantités et souvent. Une paille aide beaucoup, en évitant le contact avec les zones douloureuses. Les boissons fraîches passent mieux que les tièdes.

Proposer des aliments froids et lisses. Compote, yaourt, glace, purée, fromage blanc. À éviter absolument : les jus d’agrumes, les tomates, les plats salés ou épicés, qui brûlent sur les aphtes.

Traiter la douleur et la fièvre au paracétamol. C’est le médicament de référence ici. L’ibuprofène est déconseillé dans les infections virales de l’enfant avec éruption cutanée, en raison d’un risque de complication infectieuse.

Les gels buccaux anesthésiants ne sont pas recommandés chez le jeune enfant sans avis médical.

Combien de temps l’enfant est-il contagieux ?

Plus longtemps qu’on ne le pense, ce qui explique les vagues successives en crèche.

La contagiosité est maximale la première semaine, mais le virus reste présent dans les selles pendant plusieurs semaines après la guérison. L’éviction de la collectivité n’est donc pas obligatoire en France, puisqu’elle n’empêcherait pas la circulation du virus.

La transmission se fait par la salive, le contact avec les vésicules et les selles. Le lavage des mains à l’eau et au savon reste la mesure la plus efficace, en particulier après un change et avant les repas.

Un adulte peut l’attraper, généralement sous une forme atténuée. Une conséquence tardive et bénigne surprend souvent : les ongles peuvent se décoller ou tomber quatre à huit semaines après l’épisode, puis repoussent normalement.

Quand faut-il consulter ?

Dans cinq situations, dont une seule est fréquente.

Si l’enfant refuse toute boisson depuis plusieurs heures, ou présente des signes de déshydratation : bouche sèche, urines rares, moins de couches mouillées, abattement inhabituel. C’est le motif principal.

Si la fièvre dépasse 39 degrés ou dure plus de trois jours.

Si l’enfant a moins de trois mois, où toute fièvre impose un avis.

Si apparaissent des signes neurologiques : somnolence anormale, raideur de la nuque, tremblements, marche instable. Ils sont très rares mais imposent une consultation immédiate.

Enfin, si les lésions se surinfectent, devenant rouges, chaudes et purulentes.

Et pendant la grossesse ?

La question revient souvent et mérite une réponse claire.

Le risque est considéré comme faible. Une infection en fin de grossesse peut être transmise au nouveau né, généralement sous une forme bénigne. Il n’existe pas de mesure d’éviction particulière, mais il est raisonnable de renforcer le lavage des mains si un enfant de la maison est malade, et d’en parler à la sage femme ou au médecin qui suit la grossesse.

Questions fréquentes

Peut-on l’attraper plusieurs fois ?
Oui. Plusieurs virus différents provoquent ce tableau, et l’immunité acquise ne protège que contre celui qu’on a rencontré.

Faut-il garder l’enfant à la maison ?
Ce n’est pas obligatoire en France. La décision se prend sur son état général : un enfant fiévreux et douloureux est mieux chez lui, un enfant en forme peut retourner en collectivité.

Existe-t-il un traitement antiviral ?
Non, et aucun n’est nécessaire. Les antibiotiques sont inutiles, l’infection étant virale.

Les vésicules laissent-elles des cicatrices ?
Non, elles sèchent et disparaissent sans trace, sauf en cas de grattage et de surinfection.

Ce qu’il faut retenir : on ne traite pas cette maladie, on soulage la bouche pour que l’enfant continue de boire.

Pour aller plus loin

Ressources officielles sur ce sujet.

  • Assurance Maladie (ameli.fr)
  • Santé publique France — santepubliquefrance.fr
  • Inserm — inserm.fr
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