Grippe intestinale : combien de temps dure-t-elle, et que faire ?

La grippe intestinale n’est pas une grippe. C’est une gastro entérite aiguë, presque toujours virale, qui dure deux à trois jours et guérit seule. Le nom prête à confusion, le virus de la grippe n’y est pour rien, et l’antibiotique n’y sert à rien non plus.

Ce qui compte pendant l’épisode tient en un mot : boire. La déshydratation est le seul vrai danger, et c’est elle qui envoie à l’hôpital les rares cas graves, chez les nourrissons et les personnes âgées surtout.

Comment la reconnaître ?

Le tableau est assez caractéristique pour éviter l’inquiétude.

Une diarrhée liquide, souvent brutale, accompagnée de nausées, parfois de vomissements, de crampes abdominales et d’une fièvre modérée. Une fatigue marquée complète l’ensemble et persiste souvent quelques jours après la fin des symptômes.

Le début est brutal, en quelques heures. Une diarrhée qui s’installe progressivement sur plusieurs jours relève d’autre chose.

La durée est le meilleur repère : deux à trois jours pour les symptômes digestifs, une semaine pour la fatigue. Au delà, il faut consulter.

Que faire pendant l’épisode ?

Trois choses, dans cet ordre d’importance.

Boire par petites quantités et souvent. De grandes gorgées relancent les vomissements. Quelques gorgées toutes les dix minutes passent bien mieux qu’un verre entier. Eau, bouillon salé, tisane légère conviennent.

Chez le nourrisson et la personne âgée, les solutions de réhydratation orale vendues en pharmacie sont nettement supérieures à l’eau seule, parce qu’elles apportent le sel et le sucre dans les proportions qui permettent l’absorption. Ce n’est pas un détail de confort, c’est le traitement.

Manger dès que c’est possible, sans forcer. La diète prolongée n’accélère rien et retarde la récupération. Riz, carotte cuite, banane, compote, pain grillé sont bien tolérés. Le lait et les fibres crues attendent quelques jours.

Le repos, enfin, parce que la fatigue est réelle et parfois sous estimée.

Faut-il prendre un anti diarrhéique ?

Cela dépend, et la nuance est importante.

Le lopéramide, principe actif de plusieurs médicaments dont l’Imodium, ralentit le transit. Il rend service à un adulte qui doit tenir une journée de travail ou un trajet, sur une diarrhée simple et de courte durée.

Mais il ne doit jamais être pris dans trois situations : en présence de sang ou de glaires dans les selles, en cas de fièvre élevée, et chez l’enfant. Dans ces cas, ralentir le transit revient à garder l’agent infectieux plus longtemps dans l’intestin, ce qui aggrave la situation.

Les antibiotiques, eux, n’ont aucune place dans une gastro entérite virale, qui représente l’immense majorité des cas. Ils ne sont justifiés que sur une cause bactérienne établie par un examen des selles.

Comment éviter de contaminer les autres ?

Ces virus sont extrêmement contagieux, et le gel hydroalcoolique est ici peu efficace.

Le lavage des mains à l’eau et au savon, pendant trente secondes, reste la mesure la plus efficace, en particulier après le passage aux toilettes et avant de préparer un repas. Contre les norovirus, responsables d’une grande part des épidémies hivernales, l’action mécanique du savon fait mieux que le gel.

Le nettoyage des surfaces compte aussi, poignées de porte, chasse d’eau, robinets, avec un produit chloré dilué de préférence.

Une personne malade reste contagieuse quarante huit heures après la fin des symptômes, ce qui explique les reprises d’épidémie dans les familles et les collectivités.

Quand faut-il consulter ?

Les signes qui doivent alerter sont précis.

Chez l’adulte : du sang dans les selles, une fièvre supérieure à 39 degrés, des vomissements qui empêchent toute boisson depuis plus de douze heures, une diarrhée qui dure plus de trois jours, ou des signes de déshydratation, soif intense, urines rares et foncées, bouche sèche, vertiges au lever.

Chez le nourrisson, l’enfant, la personne âgée ou la personne immunodéprimée, le seuil est beaucoup plus bas : une consultation s’impose rapidement, car la déshydratation s’installe en quelques heures.

Un retour de voyage récent change également la conduite, certaines causes parasitaires ou bactériennes demandant un traitement spécifique.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une grippe intestinale ?
Deux à trois jours pour les symptômes digestifs, jusqu’à une semaine pour la fatigue. Au delà de trois jours de diarrhée, un avis médical est nécessaire.

Le Coca aide-t-il vraiment ?
Non, c’est une idée reçue. Trop sucré et trop peu salé, il peut aggraver la diarrhée par appel d’eau dans l’intestin.

Peut-on manger du yaourt ?
Oui, il est souvent bien toléré et son apport en ferments est plutôt favorable. Le lait entier, en revanche, passe moins bien les premiers jours.

Existe-t-il un vaccin ?
Oui contre le rotavirus, chez le nourrisson, recommandé dans le calendrier vaccinal français. Aucun contre les norovirus.

Le principe qui résume tout : on ne traite pas une gastro entérite, on traverse l’épisode en restant hydraté et on surveille les signes qui sortent du cadre.

Pour aller plus loin

Ressources officielles sur ce sujet.

  • Assurance Maladie (ameli.fr) — « Diarrhée et gastro-entérite de l’adulte : que faire ? »
  • Assurance Maladie (ameli.fr) — « Gastro-entérite de l’adulte : consultation et traitement »
  • Santé publique France — santepubliquefrance.fr
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