L’alimentation influence l’état de la peau et des cheveux, mais moins spectaculairement que ne le promettent les publications sur le sujet. Elle agit surtout par le manque : une carence se voit, alors qu’un excès d’un nutriment déjà suffisant ne fait rien de plus.
Autrement dit, corriger un déficit réel change les choses. Ajouter un complément à une alimentation équilibrée n’apporte à peu près rien, sinon le prix du flacon.
Quels nutriments comptent réellement ?
Quelques uns, dont le rôle est établi par leur fonction dans l’organisme, pas par un marketing.
Le fer arrive en tête pour les cheveux. Une carence, fréquente chez les femmes en âge d’avoir des règles, provoque une chute diffuse qui s’installe deux à trois mois après le déficit. Elle se corrige, mais seulement après un dosage sanguin : se supplémenter en fer sans carence avérée est inutile et potentiellement toxique.
Les protéines viennent ensuite. Le cheveu est fait de kératine, une protéine. Une alimentation durablement pauvre en protéines fragilise la fibre, ce qui explique les chutes observées après un régime très restrictif.
La vitamine A intervient dans le renouvellement des cellules de la peau. Elle illustre parfaitement la logique du seuil : utile à dose normale, toxique en excès, et déconseillée à forte dose pendant la grossesse.
Le zinc participe à la cicatrisation et à la régulation du sébum, ce qui explique son usage dans certaines acnés, sur prescription.
L’hydratation de la peau se joue-t-elle dans le verre d’eau ?
Beaucoup moins qu’on ne le croit, et c’est un malentendu tenace.
Boire davantage quand on est déjà correctement hydraté ne rend pas la peau plus souple. La sécheresse cutanée vient presque toujours d’une altération de la barrière lipidique, cette couche grasse qui retient l’eau dans l’épiderme. C’est elle qu’abîment l’eau trop chaude, les savons décapants et le froid.
La question de savoir comment hydrater sa peau de l’intérieur a donc une réponse un peu frustrante : maintenir des apports normaux en eau et en acides gras, et surtout arrêter d’agresser la barrière. Les gestes du quotidien pèsent plus lourd que le contenu de l’assiette.
Deux facteurs extérieurs dominent d’ailleurs tout le reste : le soleil, premier responsable du vieillissement cutané, et le tabac, qui altère la microcirculation et le collagène.
Que valent les remèdes appliqués sur la peau et les cheveux ?
Leur efficacité est très variable, et souvent cosmétique au sens strict : ils améliorent l’aspect sans modifier la structure.
L’huile de ricin gaine la fibre et la rend plus brillante et plus souple. Elle ne fait pas pousser le poil plus vite : la vitesse de pousse dépend du follicule, pas de ce qu’on applique dessus. L’aloe vera apporte de l’hydratation et apaise le cuir chevelu, avec le même type de limite.
Ces produits ont donc un intérêt réel, à condition de savoir ce qu’on en attend. Ils soignent l’apparence, pas la cause.
Quand une chute de cheveux doit-elle inquiéter ?
Perdre entre cinquante et cent cheveux par jour est normal. Ce qui compte est la comparaison avec son propre état antérieur, pas le comptage.
Une chute diffuse et brutale, survenant deux à trois mois après un événement marquant, accouchement, forte fièvre, choc émotionnel ou régime sévère, correspond le plus souvent à un effluvium télogène. Elle se résout seule, même si l’attente est longue.
Une chute progressive avec dégarnissement des golfes ou du sommet du crâne relève d’un mécanisme différent, hormonal, qui est celui de la calvitie précoce. Ici, plus la prise en charge est précoce, plus elle a de chances de freiner l’évolution.
Une chute par plaques bien délimitées, en revanche, doit conduire à consulter sans attendre : elle ne relève ni de l’alimentation ni des soins.
Questions fréquentes
Les compléments pour cheveux fonctionnent-ils ?
Seulement en cas de carence documentée. Sur une alimentation équilibrée, aucun bénéfice n’a été démontré, quel que soit le prix du produit.
Le chocolat donne-t-il de l’acné ?
Le lien direct n’est pas établi. En revanche, une alimentation à index glycémique élevé et une forte consommation de produits laitiers écrémés sont associées à une aggravation chez certaines personnes.
Combien de temps avant de voir un effet ?
Trois mois au minimum pour les cheveux, qui poussent d’environ un centimètre par mois. Toute promesse de résultat en deux semaines est fausse.
Faut-il boire deux litres d’eau par jour ?
Ce chiffre n’a rien d’une règle médicale. Les besoins dépendent du poids, de l’activité et du climat, et l’alimentation en fournit une part.
Le résumé tient en une phrase : l’assiette corrige les manques, elle ne fabrique pas de miracle.
Pour aller plus loin
Ressources officielles sur ce sujet.
- Inserm — inserm.fr
- Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) — anses.fr
- Manger Bouger, Programme national nutrition santé — mangerbouger.fr